Laissez-vous envoûter par les légendes :

Iskari, Tome 1 : Asha la tueuse de dragon, de Kristen Ciccarelli édité chez Gallimard Jeunesse le 18 avril 2019

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Les histoires empoisonnent le cœur de ceux qui les racontent, c’est un fait avec lequel Asha a grandi.

Elle est surnommée Iskari, la voleuse de vie. Asha est une femme crainte et haïe par son peuple, elle voit depuis toujours le mépris dans le regard des gens. C’est le sort qu’elle mérite pour avoir bafoué les règles car, au royaume de Firgaard, certains interdits sont immuables. Mais le sont-ils vraiment ? Les légendes murmurent quelque chose de différent. Mais seulement à ceux qui savent écouter…

« Les légendes attiraient les dragons comme les pierres précieuses les hommes. Aucun dragon ne pouvait résister au plaisir d’entendre un conte… »

Iskari, tome 1

Ce que j’ai apprécié :

🖤 Les dragons.

🖤 Les légendes.

🖤 Les lieux.

🖤 La fin.

🖤 Asha, femme badass marquée par la vie.

🖤 Roa et Safir, femmes de caractères.

🖤 Les secrets.

🖤 Shadow qui m’a fait fondre.

🖤 La dimension épique, quasiment mythologique.

Ce qui m’a moins plu :

⚡ Jarek.

⚡ Les répétions.

⚡ Les dialogues maladroits.

⚡ Les clichés scénaristiques.

⚡ Romance un peu désuète.

⚡ Des longueurs.

⚡ Manque de réalisme relationnel.

⚡ Personnages manichéens.

⚡ Des erreurs techniques.

L’avis de Cybélia :

S’il y a une chose qu’il faut savoir à mon sujet c’est que j’adore les dragons. Ils sont beaux. Ils sont puissant. Ils sont nobles… Bref j’adore les dragons. Donc vous imaginez bien, qu’évidemment, ce livre a tout de suite piqué mon intérêt. Alors ces créatures majestueuses sont-elle justement représentées ? De prime abord je dirais oui mais c’est dans la finesse de l’exécution qu’on voit apparaître les premiers défauts.

Premièrement, il faut le reconnaître, le concept est génial. Des dragons qui ne crachent plus de feu à moins qu’on leur raconte des histoires, tout ça saupoudré de politique et sur un fond oriental ? Je signe tout de suite. En effet l’idée marche bien et l’univers est attrayant, et quelque peu rafraîchissant pour moi car je n’ai pas l’habitude de lire des romans qui se déroulent au Moyen-Orient.

Asha est un très joli prénom qui correspond tout à fait à une femme forte, et qui plus est chasse des dragons. Je ne m’attendais pas à avoir autant de mal avec ses idéaux qui sont très éloignés des miens. Pendant les premiers chapitres je ressentais l’envie de la secouer vigoureusement pour lui remettre la tête à l’endroit. Il se trouve que, quand on à une vision globale, son caractère initial apporte en fait une évolution de personnage qui est légèrement prévisible, mais qui reste intéressante. D’autant plus que cela lui procure la facette d’anti-héros qui est, à mon sens, quelque chose de captivant chez un personnage principal. Asha est une femme qui a souffert psychologiquement et qui en garde des séquelles. Mais c’est aussi une femme qui à été blessée physiquement et qui est scarifiée à vie. Pour moi cela termine de construire son image épique car les femmes défigurées sont rarement mises à l’honneur dans les romans jeunesse. Pourtant cela participe grandement à la représentation de la diversité féminine, surtout qu’elle n’en reste pas moins très attirante.

Pour le reste des personnages c’est une autre histoire. Jarek est un méchant trop facile à détester, c’est à mes yeux le signe qu’il a été mal écrit. Il aurait pu être en demi teinte, avec plus de profondeur et de relief. Mais il reste simplement le méchant que personne n’aime. Dax est agréable et assez mystérieux. Il est, je pense, le personnage masculin que j’ai le plus apprécié, même s’il se rapproche dangereusement du cliché du héro. Torwin est quant à lui séduisant et érudit. Il fait un bon deuxième personnage principal, il est complémentaire aux autres. Et pour finir : Safir correspond elle aussi à cette image de femme forte qui pousse au respect, elle est touchante et fidèle, le personnage secondaire que tout le monde apprécie. On se retrouve avec des personnages assez variés mais très manichéens et cela m’amène aux choses qui fonctionnent moins bien.

Certaines réactions manquent de réalisme et se succèdent trop vite, deux personnages se disputent et se réconcilient en une demi-page. On peut ressentir le même problème en lisant les dialogues, la formulation est maladroite. Ils manquent parfois même de logique car on se trouve obligé de retourner sur la page précédente pour comprendre quel personnage est en train de parler. Il y a beaucoup de répétitions de mots atypiques, chose qui dérange la fluidité de la lecture. Je pense à un mot en particulier qui est présent quasiment deux fois par page pendant tout un chapitre. Finalement on a l’impression que l’autrice n’a pas suffisamment expérimenté l’écriture. Chaque auteur à son style à lui, il y en a qui sont plutôt fun, d’autres plutôt soyeux, ou plutôt vifs. Pour l’instant je dirais que le sien est principalement descriptif et peu personnel. Iskari reste un livre traduit, ce qui rend la critique du style quelque peu délicate. Peut être que la responsabilité va véritablement à une traduction peu fidèle, mais ça je ne peux pas l’assurer car je ne l’ai lu qu’en français.

On ressent tout de même une pointe d’amateurisme sur toute la longueur du récit. En effet, en faisant des recherches, je me suis rendue compte qu’Iskari est en réalité le premier livre de Kristen Ciccarelli ce qui peut expliquer certaines erreurs. J’en profite pour basculer sur le scénario qui, lui aussi, est malheureusement rempli de cliché. On a parfois la fausse impression qu’il se passe des choses alors que l’histoire serpente et tourne en rond, ce qui occasionne des longueurs. Puis la romance principale est légèrement désuète et simplette. J’en aurais été fan début du lycée peut-être, mais avec mon expérience actuelle elle me parait un peu vue et revue. Bref je suis un peu déçue car les critiques étaient remarquables et unanimement positives, je m’attendais donc à une réalisation beaucoup plus soignée.

Mais rendons justice à ce livre, le dénouement final est palpitant et quelques secrets sont bien gardés. Sans oublier de très jolis lieux. A partir de la moitié du récit, la dimension prévisible d’Iskari s’estompe un peu laissant place à plus d’actions originales. Les chapitres sont entrecoupés par des extraits de légendes, fondatrices de la culture des Draksors, et elles sont très belles. Ces passages rajoutent du dynamisme et de la magie sur toute l’histoire et restent un de mes points préférés. Malgré certaines erreurs techniques j’ai eu l’impression de lire une grande légende, épique et touchante.

Petit avertissement pour ceux qui auraient prévu de lire le tome deux, qui est sorti le 3 janvier 2020, il ne raconte pas la suite de l’histoire d’Asha. Il nous explique en fait la vie de Roa, sa rencontre avec Dax et leur évolution. Certains d’entre vous l’ont-il lu ? Pour ma part j’hésite à me lancer…

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