Un thriller sombre

Obscure Claire écrit par Pauline Bréhat en 2019, auto-édité

Un soir, Eric découvre le corps de sa femme, sans vie.

Elle s’est suicidée, lui laissant uniquement une lettre de renoncement. Comme tout le monde l’aurait fait, il refuse d’abord cet événement incompréhensible. Face à cette situation surréaliste, on vit les ressentis du veuf. Dans la douleur, il cherche à comprendre et se remémore les moments forts de leur vie. Le temps passe, la vie continue et les relations avec sa belle-famille sont parfois compliquées. Un jour, il tombe sur le journal de sa compagne. Eric se rend compte qu’il ne la connaissait peut être pas aussi bien qu’il le croyait…

« Je suis mort mais ce ne sont pas mes obsèques… Qui dans cette sombre assemblée, pourrait s’imaginer l’âpre combat auquel se livre dans ma tête pensées, images, émotions en tout genre ? »

Obscure Clair, Page 1

Ce que nous avons apprécié :

🖤 Titre adéquat.

🖤 Bonne écriture à la première personne.

🖤 Livre court, impression de lire une nouvelle.

🖤 L’introspection du personnage principal.

Ce qui nous as moins plu :

⚡ Quelques phrases et dialogues maladroits.

⚡ On sent venir la suite. 

⚡ Le sujet n’est pas pour tout le monde.

⚡ Beaucoup de flash-back.

L’avis de Teresa :

Obscure clair est un roman à suspense, à la limite entre le psychologique, la romance et le policier. On a l’impression de lire une nouvelle, comme une parenthèse dans l’esprit d’un jeune veuf. Mais soyons clair: si vous n’êtes pas à l’aise face au suicide, ce roman sera rude pour vous.  On sent que c’est réfléchi, travaillé. L’autrice y a mis son cœur, c’est d’ailleurs son premier roman. De fait, on sent un petit côté amateur. Quelques phrases sont maladroites, des dialogues sont difficilement imaginables. Mais c’est une bonne base qui laisse présager de jolis petits frères ou sœurs avec des améliorations.  

J’ai bien aimé que la plume soit donnée au personnage principal, et d’habitude je n’apprécie pas vraiment les histoires à la première personne. Mais dans ce roman, ça en fait une force. Avec le point de vue d’Eric, il est facile de rentrer dans l’histoire.  On assiste à tous ses ressentis face à la mort de sa compagne. C’est donc cru face à la mort, c’est détaillé. Je ne pourrais pas dire si c’est un défaut ou une qualité. En tout cas, moi, ça m’a secoué.  

Ce qui m’a le plus dérangé c’est la vision du personnage par rapport à certains sujets que je ne peux malheureusement pas vous dire à moins de vous spoiler. Personnellement, je ne ne suis pas d’accord avec son avis, et certains arguments sont un peu faciles à mon goût et du coup ça m’énerve. Mais ça a le mérite de faire réfléchir. L’aspect psychologique est présent mais ne repose pas sur des bases assez solides pour moi. Au niveau du scénario, c’est simple et on a pas de grosses surprise, hormis peut-être la toute fin de l’histoire. Après, ce n’était peut-être pas le but de l’autrice.

Pour résumer, je dirais que c’est un livre qui n’hésite pas à faire souffrir ses personnages sans leur donner d’espoir. En ce sens, il nous rappelle thriller « Les Apparences » de Gillian Flynn.

L’avis de Cybelia :

Je ne m’y connais pas ou très peu en thriller mais c’est un genre intrigant que j’ai eu très peu l’occasion de lire. Probablement parce qu’il se rapproche trop de la réalité à mon goût, s’éloignant de l’évasion que représente pour moi la lecture. Je remercie l’auteure qui a eu la gentillesse de nous offrir son roman. Cela m’a permis d’en profiter pour tester les thrillers. Et en effet cette lecture est dure premièrement de part le thème traité, le suicide. La mort ce n’est jamais facile, mais quand c’est un suicide j’imagine qu’il y a une grande part d’incompréhension et un sentiment d’abandon important. Dans ce livre le personnage principal traverse une introspection complète assez bien réalisée. On voit dans certains extraits que l’auteure a pensé certaines idées sur le deuil de manière réfléchie en essayant de se projeter dans son roman. Eric est perdu dans des sentiments confus, déstabilisé par cette situation inattendue.

Néanmoins devant l’horreur d’une telle situation certains sentiments auraient pu être d’autant plus accentués. Je pense notamment à la scène de la déposition où Eric semble très peu concerné et pas du tout dans l’état de choc dans lequel il devrait être. Peut être que l’auteure souhaitait atténuer la violence pour permettre une plus grande universalité mais cela à pu donner un aspect déshumanisant à certaines scènes.

Les dialogues sont parfois un peu décalés, manquant un peu d’humanité, par rapport au contexte et on ressent de surcroît une petite maladresse. Ils sont parfois trop théâtraux, constitués de discussions remplies de vocabulaire compliqué sans grande nécessité. Hormis cela les syntaxes sont plutôt belles et prennent d’ailleurs beaucoup d’assurance pendant la seconde moitié du livre. Elles expriment plus de stabilité. 

Le scénario quant à lui est assez inspiré et je n’avais pas vu venir certaines révélations finales. L’histoire dépeint les hauts et les bas d’un couple et montre la difficulté  que représente la vie commune surtout quand le handicap s’en mêle. C’est d’ailleurs un point positif à mes yeux, la représentation littéraire de personne en situation de handicap est encore très minime. Pourtant la compréhension passe d’abord par la visibilité et j’espère que de plus en plus de romans iront dans ce sens. 

Sous le format d’une longue nouvelle les secrets s’égrènent et on apprend à mieux connaître les personnages. Le titre prend alors de l’ampleur. Les idées abordées sont morales et personnelles et je ne suis pas d’accord avec tout mais cela pousse tout de même à un questionnement sur l’emprise qu’ont les diktats sociétaux sur nous. Le travail des contrastes met en valeur certaines idées, jusqu’à en étouffer d’autres. Quoi qu’il en soit Pauline Bréhat signe ici son premier roman après s’être essayée aux livres pour enfants. Je lui souhaite une bonne continuation dans cette voie qu’elle a choisi.

Pour ceux d’entre vous qui seraient intéressés, vous pouvez contacter l’auteure sur sa page facebook PaulineBréhat-auteur ou par mail à l’adresse suivante : pauline.brehat@laposte.net. Vous pouvez la contacter directement si vous souhaitez commander son livre. Etant donné qu’elle l’enverra par voie postale il faut compter huit euros pour le prix du livre, en ajoutant à cela les frais de port cela fait donc un total douze euros.

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